La contraception, un service à la conjugalité?

« Il n’est pas d’engagement possible en amour sans le respect du corps, sans un saisissement devant l’énigme du corps. »

C. Singer

 

Alors qu'en 1960 selon E Sullerot,  les pionnières de la contraception expliquaient que celle-ci ne mettait pas en danger la famille, qu'au contraire celle-ci rapprocherait sexuellement les couples, et consoliderait la conjugalité, force est de constater aujourd'hui que les divorces liés à la contraception n'ont fait qu'augmenter.(1)

Linagre  constate aussi une augmentation des divorces liée à la contraception , à la stérilisation, aux avortements. Mais, il comptabilise moins de divorces chez les couples utilisant le planning familial naturel soit 9,6%, versus 14,4%.(2)

Aujourd'hui, force est de constater que les aventures préconjugales,favorisées par la contraception, conduisent à la solitude, ne prédisposent à s'engager dans le mariage.Les jeunes couples préfèrent rester dans la latence amoureuse, on ne se donne pas tellement, on se prête mutuellement pour n'être pas seul, cependant ces jeunes recherchent le compagnonnage fidèle et  la première qualité de leur partenaire est la fidélité.

La contraception est associée à une diminution des mariages et elle a facilité les adultères. Selon la philosophe, Aline Lizotte "La contraception fait perdre à la femme les indications proprement féminines de sa personne, insensiblement elle acquiert une sexualité de type masculin "plus uniforme"(3).Cela pourrait peut-être expliquer pourquoi le contraceptif représente inconsciemment pour beaucoup de femmes le moyen d'avoir des relations extraconjugales. L'enfant n'est plus le centre du projet du couple. C'est le sens, le don de soi qui unit le couple or notre société a formaté des couples centrés sur eux-mêmes, sur la jouissance.

Aujourd'hui filles et garçons ne songent pas au mariage car ils vivent une adolescence prolongée entretenue par un état, une médecine "nounou" et des parents maternisant, parents où le père s'est effacé au point que son autorité devient insignifiante. La famille contemporaine souffre de la dé-parternisation suite à la révolution sexuelle. Aujourd'hui la famille est soupçonnée d'être criminogène. Une femme sur 10 est victime de violence conjugale en France. Souvent les femmes rendent l'usage des contraceptifs responsable de la mésentente conjugale.

Selon E. Sullerot: les enfants des couples séparés réussissaient en moyenne moins bien dans leurs études, étaient plus souvent au chômage, avaient des problèmes avec la justice, souffraient d'addiction aux drogues, avaient des tentatives de suicide, étaient boulimiques ou anorexiques, angoissés, etc.

 La journaliste Sabrina Debusquat  dans son livre J'arrête la pilule fait le constat que" de nombreuses femmes indiquent une amélioration notable des relations avec leur conjoint quand elles arrêtent la pilule."

Il nous faut aujourd’hui réfléchir au sens de notre vie. Sans le sens on vit dans l’immédiat du plaisir qui ne peut que conduire à l’amertume, notre vie est morcelée, elle manque d’unité. Créer une famille donne sens à notre vie et vivre dans la famille la fidélité, la confiance, la bienveillance, le service, le don, le pardon …

Quand on n'aime pas, on réduit l'autre à un objet. Aimer c’est vouloir aimer en vérité. En effet,  l’épreuve du temps ne peut être surmontée que s’il y a au départ, en plus de l’élément amoureux, une bienveillance vis-à-vis de l’autre. L’amour est volonté que l’autre vive. Il nous faudra apprendre la bienveillance, le respect d'abord vis-à-vis de notre propre corps et celui de l’autre.

Le mari, le conjoint est invité à mieux connaître la toxicité de la contraception qu'on impose aux femmes qui la subissent et se taisent.

L'amour est fidèle et victorieux de toutes les peurs. L'amour est maîtrise de soi. Réprimer nos pulsions, nos passions , non plus par le biais de procédures artificielles mais par la discipline de l'esprit, de la volonté est possible à tous; mais cela va à contre courant du discours ambiant, infantilisant, mercantile, sous-estimant nos possibilités.

 



1 Pilule, sexe, ADN, Evelyne Sullerot 2006 Fayard et

2Linagre Q Journal List august 2015 82(3) 273-282

3 Aline Lizotte, le don des époux, édition Le Serviteur