La thérapeutique hormonale substitutive (THS) pour la ménopause, un mythe?

Aux Etats-Unis, l'histoire «sociale» du traitement aux œstrogènes de la ménopause commence il y a environ 40 ans. Un médecin américain très peu connu du public, le Dr Robert Wilson, publie en 1966 un livre au titre prometteur et peu scrupuleux intitulé «Feminine Forever» (traduction française «Féminine pour toujours»), qui devient rapidement un succès de librairie et autour duquel sont organisées de nombreuses conférences destinées à des groupes de femmes activistes et de médecins. Robert Wilson est mort en 1981. Son fils Ronald Wilson révéla que la firme Wyeth-Ayerst avait payé les frais de rédaction, de publication et de diffusion du livre «Feminine Forever», et financé la fondation personnelle de son père, la Wilson Research Foundation, La Wyeth-Ayerst n'a voulu ni confirmer ni démentir cette révélation, indiquant que les documents de l'époque n'existent plus.[10] Wilson reçu 1,3 millions de dollars pour faire la promotion des estrogènes et son livre « féminine pour toujours » fera exploser la vente des médicaments à base d’œstrogène.

La THS a été prescrite pour traiter des symptômes inoffensifs de la ménopause comme les bouffées de chaleur,l a transpiration nocturne, la sécheresse vaginale, etc. Mais la THS a été surtout prescrite avec la prétention de prévenir le vieillissement féminin dû à des affections cardiovasculaires, à l’ostéoporose

Germaine Geer, grande féministe, critique, universitaire dans son  livre de 1991 " Le changement: les femmes, le vieillissement et la ménopause" dénonce les différents mythes concernant la ménopause et déconseille la THS. Elle souligne qu'on a effrayé les femmes par de sombres prédictions: ostéoporose, maladies cardiaques, perte de libido, dépression,...si elles laissent la nature suivre son cours. Elle fit valoir qu'effrayer les femmes est "la grande entreprise extrêmement rentable. C'est la peur qui rend les femmes conformes aux programmes et aux politiques qui vont à l'encontre de leur intérêt."

Concernant la THS à base de testostérone pour la gent masculine"à ce jour il n'y a pas des preuves suffisantes pour une indication de traitement supplétif hormonal chez tout patient âgé  en bonne santé en particulier pour ce qui concerne (...) la testostérone."(Revue Médicale Suisse 27 .08.2014 :1560)

 

La THS prévient –elle des affections cardio-vasculaires ?

La médecine a fait l’hypothèse que le risque cardio-vasculaire de la femme ménopausée serait dû à un déficit de œstrogènes ovariens.

La ménopause est un état physiologique qui ne saurait être assimilée à une déficience hormonale pathologique, elle n’est pas comme la médecine le prétend la conséquence d’une privation d’hormones œstrogéniques et rien ne permet de penser que l’arrêt partiel ou total de la sécrétion ovarienne est bien la cause d’un surcroît de risque cardiovasculaire. En fait le terme d’un traitement hormonal substitutif est incorrecte, un traitement est substitutif lorsqu’il remplace une sécrétion physiologique ce qui n’est pas le cas ici (thérapie 1999, 54, 387-392)

En vérité on pourrait parler non pas d’un traitement hormonal substitutif mais d’une saturation hormonale toxique (SHT).

Sachons que des femmes japonaises ont un plus bas niveau d’œstrogènes et moins d’affections cardio-vasculaires ainsi qu’un niveau de prévalence des symptômes de la ménopause moins élevés. (Maturitas 1988,10, 317-22)

Les médecins eux-mêmes sont fortement divisés quant à la prescription de la THS et 40% des femmes médecins ménopausées ne l’ont jamais essayée (BMJ 1995, 311,1399-140)

1 Les études concernant laTHS à base de œstrogènes et de progestérone.

De nombreuses études d’observation ont durant des décennies montré que la THS diminuerait de 44% le risque cardiovasculaire[11])mais ces résultats sont peut être dus à des biais de sélection, les femmes prenant la THS étant en meilleure santé ,d’un milieu socio économique plus élevé que les femmes qui ne l’ont pas prise.

A contrario, l’étude randomisée américaine WHI[12]) réalisée en 2002 sur 16000 femmes ménopausées après un suivi de 5.6 années a donné un coup de grâce à ce mythe de la réduction des affections cardiovasculaires par la THS. En effet elle a observé, par rapport aux femmes qui n'ont pas pris la THS ,une augmentation de 40%, soit un risque relatif (RR) 1,4 [13] pour les accidents vasculaires cérébraux, un RR 2,1 pour les phlébites et l’embolie pulmonaire, un RR de 1,29 pour les affections cardiovasculaires.. De plus elle trouve un RR de 1,25 pour le cancer du sein[14] et une augmentation des fibromes utérins ; dans cette étude ,40% de femmes traitées par la THS l’ont abandonné surtout en rapport avec des saignements excessifs responsables de 248 hystérectomies !

Face aux résultats de cette étude les gynécologues européens ont défendu leurs prescriptions en arguant que le risque cancérigène observé était faible et qu’on ne pouvait extrapoler la toxicité cardiovasculaire observée à leurs propres patientes.

Regard de la gynécologue Bérengère Arnal sur les traitements hormonaux et le cancer du sein

2 Les études concernant la THS à base d’estrogènes seuls.

Avec ces études on a observé une augmentation du cancer de l’endomètre (RR 8 à 10) de l’hyperplasie de l’endomètre, un RR de 2,56[15] pour le cancer des ovaires, une augmentation de L’endométriose[16],[17],[18]

Un article du British Journal Obstetric and Gynecology de 1997 (104,2 ,163-8) titre « le mythe de la THS ». Cet article dénonçait l’oubli de contre indications importantes sur cinq notices, ce qui ne manquerait pas d’influencer la prescription du médecin et de faciliter l’observance par la patiente.

Nous pouvons et devons souligner que la toxicité cardiovasculaire et celle des cancers malins ou bénins (endométriose, fibrome) de la THS s’aligne parfaitement sur celle de la contraception hormonale !

Cerise sur le gâteau : l’étude WHIMS[19] randomisée de 1996 portant sur 4890 femmes ménopausées observe une augmentation du risque de démence et d’accidents vasculaires cérébraux !

Les femmes intéressées par la ménopause trouveront dans le livre du Pr. Henri Joyeux « Femmes si vous saviez » une réponse à toutes leurs questions

Traitement par la phytothérapie :

Pour les bouffées de chaleur :3 à 4 capsules de 500mg d’huile d’onagre par jour, l’extrait de houblon ou des cônes de houblon ,l infusion de sauge, d’achillée de feuille d’armoise…..

 

Que penser du traitement l'andropause par la testostérone?

Il semble qu'il n'est pas utile de traiter les hommes en bonne santé par cette hormone selon l'article du Vif (22 mars 2015); Eternellement jeune sous testostérone?

 

La THS prévient-elle l’ostéoporose?

L’ostéoporose est définie comme une diminution de la masse minérale osseuse et par des altérations de la micro architecture de l’os conduisant à un risque accru de fracture. Elle débute à l’âge de la ménopause.

La prévention médicamenteuse de l’ostéoporose par la THS

La très grande majorité des femmes parmi celles qui ont bénéficié d’un traitement hormonal au moment de la ménopause l’ont souvent interrompu depuis de nombreuses années et l’arrêt du traitement accélère la perte osseuse, ce qui impliquerait que quand on a commencé à traiter il faudrait continuer à le faire pour la vie.

Comme la fracture du col du fémur survient à un âge avancé ( plus ou moins 82 ans) et compte tenu du caractère multifactoriel de cette fracture il est clair que la thérapeutique hormonale ne pourra avoir qu’une incidence très limitée dans la diminution des fractures.

 

Les études de la THS et la fracture du col du fémur

Des études d’observation, l’étude WH I randomisée a montré une diminution non significative RR 0,66 soit 10 fractures pour 8000 femmes traitées par la THS durant 5,6 ans contre 15 fractures pour 8000 femmes non traitées .

A contrario l’étude Hers randomisée[20] et de nombreuses études d’observation[21],[22],[23],[24],[25] n’ont pas montré de diminution de risque de fracture du col du fémur.

Concernant la prévention médicamenteuse de l'ostéoporose  voir la vidéo ; Les maladies inventées à partir de la 26,50 minutes.

La prévention non médicamenteuse

Celle-ci se fait par l’apport de calcium dans la nourriture, la marche, l’exposition au soleil et si ce n’est pas possible une prise de vitamine D, diminuer sa consommation d’alcool, de tabac, réduire les médicaments susceptibles de favoriser les chutes : les antihypertenseurs, les sédatifs, les psychotropes, etc.

La maladie de Parkinson(MP) et la THS

La méta-analyse ,publiée dans Neurophychiatr Dis Sucrerie , 2015;11:59-66, nous donne,  concernant les études cohortes  une augmentation de 24% (RR1,24) pour la MP, lors de la prise d'une THS à base de oestrogène et de progestérone et  une augmentation de 341% (RR3,41) lors d'une prise à base uniquement de progestérone.

Pour en savoir plus sur laTHS

 

Témoignage

"J'en veux aussi beaucoup à la médecine d'avoir fait croire aux femmes que la ménopause était une maladie."