Le patient, cet être unique!

Dès le début du siècle dernier, comme aujourd’hui, les médecins restent divisés face aux résultats des études, ceux-ci n'étant pas toujours applicables à leurs patients. En effet, les résultats d'une étude ne peuvent pas, au sens strict, être extrapolés à un patient, cet être unique. Ils ne sont véritablement valables que pour les patients engagés dans l'étude. C’est pourquoi, le médecin met souvent en sourdine les études incriminant la toxicité hormonale, considérant sa patiente comme un cas unique, pour laquelle ces études ne sont pas applicables. Il traite donc sa patiente au jour le jour, par une prescription qui ne gère avant tout qu’une symptomatologie douloureuse, ne se préoccupant pas trop des dégâts futurs de sa prescription, ou en pariant qu’il n’y aura pas des dégâts. De toute façon, la médecine a, trouvera une solution si dégât il y a.

Ceci fait dire au professeur Lucien Israël, cancérologue, « que le médecin est un décideur, essentiellement un décideur de l’incertain, il joue contre nature, c’est-à-dire dans un degré supplémentaire d’incertitude. Face aux agressions médicamenteuses (…) il est impossible de savoir à l’avance quelles seront les perturbations provoquées, combien de personnes elles toucheront, quand elles se manifesteront et qui exactement elles toucheront ».

Certaines études mentionnées dans cet ouvrage, ont établi clairement une relation entre la durée de la prise de la contraception hormonale et sa toxicité ou entre la dose hormonale et sa toxicité. Plus la dose hormonale était élevée ou plus longtemps elle était prise, plus grande était la toxicité observée, ce qui laissait entrevoir une possibilité de relation causale. En revanche, d’autres études ont montré des effets toxiques apparaissant avec des doses faibles ou après des temps relativement courts de prise de la pilule. C’est que, comme le dit le professeur S. Van Saal : « les hormones ne suivent pas particulièrement les règles de la toxicologie classique établissant une relation entre la dose et l’effet, les doses hormonales faibles peuvent stimuler, des doses fortes inhiber, et les œstrogènes ont des effets à des doses très faibles » ! Des faibles doses d’éthinyloestradiol sont associées à une augmentation d’un risque artériel vasculaire[20] ! Ceci est confirmé d’une certaine façon par le Pr. Belpomme (cité en amont) qui affirme, concernant les perturbateurs endocriniens, que ce n’est pas leur dose qui fait le poison !

La sécrétion d’hormones lutéinisantes du cerveau, hormones qui stimulent les glandes sexuelles, est inhibée par des taux faibles en œstrogène et stimulée par des taux élevés. Des grandes doses hormonales sont parfois utilisées pour supprimer les tumeurs bénignes du sein, alors que de petites doses présentes dans la plupart des pilules, peuvent provoquer l’apparition de cancers du sein !

Que penser de ces études anciennes ou récentes, qui ne sont pas extrapolables à une patiente unique et qui en plus sont contradictoires ? Que penser de ces hormones qui ne suivent pas toujours les règles classiques de la toxicologie, si ce n’est que ces études sont un reflet de la toxicité contraceptive que certaines femmes pourront subir, et cela indépendamment de la dose, de la durée de la prise contraceptive, étant donné le caractère unique de chaque femme ?

Pour ceux et celles que les études contradictoires rebuteraient on résumer la question d’une autre façon : considérons une population contaminée par un virus mortifère, il en résultera nécessairement des morts, des malades et des personnes non atteintes par la maladie.
Il en est de même pour  la contraception hormonale, véritable virus des systèmes endocrinien et immunitaire. Avec celle-ci, Il en résultera des personnes indemnes, des hypofertiles (les malades) et des stériles (les morts). Curieusement, en ce qui concerne la contraception la médecine ne mentionne que les utilisatrices bien portantes !

Concluons. La logique de l'industrie pharmaceutique consiste à imposer des solutions pharmacologiques plutôt que d'encourager les patients à se prendre en charge. L'industrie pharmaceutique arrive à médicaliser la société par une séduction mensongère faite de demi-vérités. Il est donc urgent, nécessaire, si l'on veut se libérer du paternalisme médico-pharmaceutique, de sa tutelle, de son aliénation, de s'informer, pour acquérir un esprit critique adulte. Les livres dénonçant les mensonges médico-pharmaceutiques ne manquent pas, les meilleurs sont écrits par les médecins, nous en donnerons quelques-uns dans la biographie. Avec Jean-Claude  Guillebaut nous pensons qu' "aujourd'hui nous assistons à une capitulation de l'esprit critique, nous renonçons à la vraie liberté au profit d'un conformisme libertaire tonitruant.[21]"