Aberrations chromosomiques.

En guise d'introduction

 La pilule diminue rapidement le volume des ovaires et ceux-ci prennent l'aspect d'ovaires de femmes ménopausées, leur structure même peut être modifiée par l'usage de la pilule. Des ovariectomies ont montré une fibrose diffuse de l'ovaire après huit  cycles d'utilisation de la contraception hormonale. Cette fibrose très marquée, dans certains cas, avec une véritable gangue autour des follicules primordiaux, est probablement réversible la plupart du temps à l'arrêt de la pilule, ce qui voudrait dire que, dans certains cas, elle ne régresse pas nécessairement. Cette modification ovarienne peut expliquer les questions que l’on se pose sur la qualité des ovocytes émis après l’arrêt de la pilule et des conséquences sur l'enfant conçu de ces ovocytes. Notons que cette atrophie ovarienne  n’a rien d’extraordinaire elle s’aligne, sur l’atrophie des testicules (hypogonadisme) évoquée en amont, initiée par un excès d’anabolisant, de testostérone. La qualité des ovocytes s’aligne sur la qualité des spermatozoïdes, après contraception hormonale  masculine et  des études ont  constaté  une profonde altération visuelle de ceux-ci  après cette contraception et certains de ces ovocytes peuvent présenter des aberrations chromosomiques.

Le corps du sujet

 Le Docteur Plate d'Utrecht, auteur d’une communication sur la fibrose ovarienne, exprime son inquiétude à l'idée que les jeunes filles puissent user de la pilule, avec un risque d'une stérilité ultérieure. En 1968, les études du  Docteur Carr,[1] du Professeur Turpin,[2]du Professeur Thibault[3] parlent d'anomalies chromosomiques détectées sur les embryons morts par fausses couches spontanées, chez les femmes ayant pris la pilule avant la conception. Les aberrations chromosomiques seraient responsables de 30 à 60% des fausses couches [4]. On parle d'anomalies, d'aberrations  chromosomiques, quand le nombre et la structure des chromosomes est anormale.

Déjà, en 1968, la revue Science et Vie publiait un article intitulé La pilule: les généticiens s'inquiètent.. « les conséquences génétiques éventuelles mal connues et qui pourraient dans certains cas, mettre en péril la descendance des femmes utilisant les contraceptifs oraux actuels »(Source:La pilule contraceptive Pr H Joyeux et D  Vialard ) Déjà à cette époque, des études mettaient en avant  le risque de mongolisme !

  

En 1974, le Rapport R.C.G.P. observe un taux de fausses couches de 30,6% chez les femmes qui ont pris la pilule, comparé à 12, 3% chez des femmes qui ne l’ont pas prise[5].

En 1975, Bishum relève une augmentation significative de cellules anormales (4.6% versus 2%)  chez les nouveau-nés des  mères qui  ont pris la spécialité estroprogestative,  Conovid.[6]

 En 1976, le British Journal d’Obstétrique et. Gynécologie stipule que de nombreuses études ont montré une augmentation de la fréquence des aberrations chromosomiques et des fausses couches dues à la pilule [7].

En 1979, le Professeur Jérôme Lejeune publie une étude établissant un excès significatif de trisomie 21 chez les femmes de 30 à 38 ans, quand le délai entre la cessation de la prise de la pilule et la conception de l’enfant est de 6 mois[8]

Mais il faut aussi savoir que les enfants atteints de trisomie 21  sont beaucoup plus susceptibles de développer une leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) ou une leucémie myéloïde aiguë que les autres enfants. (Risque relatif 20) .Des chercheurs anglais ont démontré l'implication de gènes présents sur le chromosome 21 dans le développement de le LAL.

En 1982,  l’étude du Pr. Lejeune a été confirmée par deux études, celle du J. Ment. Defic. Res [9] et  l’étude Aust NZ. J. obst. Gynecol.[10] laquelle   fait le  constat d’une augmentation significative d’aberrations chromosomiques quand la conception arrive quelques mois après cessation de la pilule.

En 1988, les femmes qui ont pris du Depo- Provera, à base d'acétate médroxyprogestérone, ont des fœtus avec une augmentation d’aberrations chromosomiques.[11]

En 1990, un article publié par Fertility Sterility confirme la corrélation entre la trisomie 21 et la prise de la pilule avant la conception, et 40 à 85% des fœtus trisomiques n’évolueraient pas jusqu’à donner un enfant.[12]

En 1995, la revue Contraception dénonce la tératogenèse observée après prise de pilule.[13]

Un article de 1995 de Contraception[14]souligne que les premières études de 1968 du Dr. Carr[15] et du Pr.Turpin ainsi que des études subséquentes ont montré le même lien entre pilule et les fausses couches.

L'étude de 1999 effectuée par Yang, nous averti que le tabagisme de la jeune femme multiplie significativement par trois la trisomie 21  et par 7,6 si elle prend  en plus la contraception orale.

L'étude de Martinez-Frias ML, publiée en 2001 par j Perinatal,july-aug 21 (5) 288-92, trouve un risque relatif de 2,8 de trisomie 21 pour les enfants dont la mère enceinte était sous pilule, ce qui équivaut au risque d'une femme âgée de 34 ans enceinte mais ne la prenant pas. En d'autres mots, la pilule vieilli la femme.

Ceci est confirmé par l'étude de Ray A, publiée en 2016 par génomique, 19:11-18. Il y a en effet une relation entre les enfants nés avec la trisomie 21, l'exposition aux contraceptifs oraux et la longueur des télomères maternels. Ces télomères sont des structures qui protègent les chromosomes contre les dommages, ils sont similaires à la mèche en plastique qui protège les lacets. Le raccourcissement de ceux-ci est associé au vieillissement prématuré cellulaire y compris des ovocytes.

 

                 Comment expliquer ces aberrations chromosomiques ?

1° Par la demi-vie du médicament qui exprime son élimination par l'organisme, elle correspond au temps nécessaire pour que sa concentration plasmatique  diminue de moitié. On considère qu'après sept fois le temps de demi-vie 99%  du médicament est éliminé par les urines, les fèces. Ce temps de la demi-vie dépend du médicament mais aussi de la santé, de l'âge, de l'hérédité de la femme. Le temps moyen de demi- vie de l'éthinylestradiol, du lévonorgestrel est de 30 heures pour une femme saine mais il pourra être augmenté  lors d'une affection hépatique, rénale...Avec les données mentionnées en amont il faudra  sept fois trente heures, 210 heures,  soit près de 9 jours, pour que 99%  des hormones soient évacuées du corps féminin. Or comme 30 à 50% des grossesses ne sont pas programmées, l'embryon sera alors plongé dans un bain hormonale durant 9 jours, parfois même  durant un temps deux fois plus chez long chez  une femme souffrant d'une affection. Est-il utile de souligner que ce bain hormonal exogène est néfaste pour l'avenir de l'embryon, du foetus, car tout se joue dans les premières semaines? Notez que la demi-vie, après injection  intramusculaire de la Médroxyprogestérone, est elle de 50 jours!

2°Après l’arrêt de la pilule il peut y avoir une concentration des hormones contraceptives qui ne sont  pas toujours  à 100% métabolisées, ces hormones sont  lipophiles et elles pourront se réfugier dans les tissus adipeux féminins, se libérer lentement  après la conception et provoquer ainsi  des aberrations chromosomiques. En effet, lors de la grossesse, il y a une demande d’énergie, le tissu adipeux fémoral  possède  cette énergie, il fondra, lors de la grossesse, en libérant les pesticides, les  dioxines, les hormones contraceptives accumulées. C’est pourquoi, le gynécologue obstétricien, Michel Odent,  intéressé aux problèmes de conception des couples, ainsi qu’aux malformations foetales, propose aux couples une succession de week-end de jeûne durant six mois avant d’envisager une conception, afin d’éliminer les polluants solubles dans les graisses, c’est la méthode dite  en accordéon.[16]

Les aberrations chromosomiques pourraient s’expliquer aussi par la diminution des vitamines : B6, B2, B9, B12, des oligo-éléments : magnésium, zinc. La diminution de la vitamine B2 peut persister après l’arrêt de contraception hormonale et celle-ci n’est pas toujours corrigée par l’apport de prise de vitamine B2.[17]Pour mémoire, Robeson décrivit en 1962 comment la carence en vitamine B2 pouvait être cause des malformations dues à la thalidomide.[18]

La contraception hormonale est associée à la diminution de l’acide folique ou vitamine B9.[19]L’acide folique est indispensable au bon développement du futur bébé, dès ses premières semaines de vie, et cela afin d’éviter : le spina-bifida (fréquence 1 pour 1000), la  fente labiale et palatine (bec-de-lièvre), les malformations cardiaques.[20] On observe une altération du métabolisme de l’acide folique chez les femmes qui prennent la contraception hormonale par rapport à un groupe de  contrôle. En effet, le niveau d’acide folique est significativement plus bas dans le sérum sanguin et les globules rouges. Une douzaine d’études ont confirmé ce fait. De plus, on observe que la concentration en acide folique du sérum décroît en fonction de la durée de la prise de la contraception hormonale et le niveau d’acide folique redevient normal après trois mois d’arrêt de cette contraception.[21]Cependant, Martinez et Roc constatent que les femmes qui deviennent enceintes dans les six mois après avoir arrêté la contraception hormonale ont un niveau d’acide folique inférieur aux non- utilisatrices de celle-ci.[22]

Comme d’autres rapports n’ont pas montré de diminution significative entre la prise de la contraception hormonale et la diminution d’acide folique, la médecine préfère ne pas souligner la controverse mais uniquement l’importance de la prise d’acide folique avant la conception si on a pris des hormones contraceptives. Malgré une contraception artificielle dite efficace, la moitié des grossesses ne serait pas planifiée[23] au Canada et le Dr E. Derbyshire[24] de l’université de Manchester, spécialiste de la nutrition des femmes durant leurs années de fertilité, confirme aussi «  qu’une grossesse sur deux « n’est pas planifiée en Europe. (… .) Quand on découvre sa grossesse, celle-ci est déjà bien avancée. Or, l’apport complémentaire en acide folique est important lors des premières semaines de la gestation. Pour atteindre les taux recommandés, on prescrit aux futures mères la prise de 400 microgrammes d’acide folique chaque jour et ce, de huit à dix-huit semaines avant la conception. En effet, le taux des folates dans le sang ne se construit que petit à petit. Il faut donc plusieurs semaines  supplémentaires avant d’arriver au seuil requis de 906 nmol/L ». En dessous de 340 nmol/L, on multiplie le risque de malformation par un facteur huit, précise le Professeur Klaus Pietrzik, de l’université de Bonn[25].

La prise de certains antibiotiques, anti-ulcéreux, anti-diabétiques, anti-dépresseurs(ISRS) anti-acides, anti-convulsivants, anti-inflammatoires non stéroïdien, l'aspirine, diminue la dose physiologique des vitamines dont la B9 ainsi que de nombreux oligoéléments. Pour en savoir plus

Commentaire

Une femme affectée sera traitée par des médicaments susceptibles de diminuer les oligoéléments et les vitamines dont la B9, si en plus elle prend la pilule, la vitamine B9 en sera d'autant plus diminuée, ce qui ne sera pas nécessairement un cadeau pour sa fertilité future. Une auto- maîtrise de sa fertilité avec la méthode " sensiplan" ne serait-elle pas plus appropriée pour une femme affectée?

La prise d'acide folique réduit le risque d'autisme

Une étude  norvégienne de 2002 à 2008 du Dr. épidémiologiste Ezra Susser publiée dans le Journal Of Medical  Association, montre qu'un apport en acide folique, 4 semaines avant la conception puis durant les 8 premières semaines de la grossesse permettrait de diminuer le risque de l'autisme de 40%. 

  Une  étude de la Californie des troubles du spectre autistique a montré que la consommation maternelle de l'acide folique et des vitamines prénatales durant les trois mois précédant la grossesse et le premier mois de la grossesse a été associée à un risque plus faible du spectre autistique dans la progéniture.

Dans un autre registre, l'acide folique diminue Le cancer colorectal

Soulignons  que les désordres génétiques hérités peuvent être provoqués par des anomalies chromosomiques ou des mutation d'un simple gène.

Les aberrations chromosomiques peuvent être à l'origine d'une fausse couche tardive ou précoce, d'une naissance prématurée, d'une malformation congénitale.

 



[1] Acta Endocrinologica 1967, 55, 71-72

[2] Entretien de Bichat 1968

[3] Ch. Thibault Bases et limites physiologiques du contrôle des naissances Doin 1968

[4] Human.  Reprod. 2002, 17, 1959-63.

[5] Oral Contraception and Heath Pitman medical Books.

[6] Mutation Research journal 1975 ;33 :299-320

[7] British J Obs. Gynecol. Public, 1976, 83, 621-7.

[8] Ann. Genet. 1979; juin, 22 (2) 61-66.

[9]1982, J. Ment. Defic. Res. (26, 215-27)

[10] Aust NZ. J. obst. Gynecol. 1982 22 (1) 25-8

[11] Teratology, 1988, 38, 51-58.

[12] Fertility  Sterility, 1990, oct. 54 (4) 559-73.

[13] Contraception  1995, déc. 52 (6) 327-35

[14] Contraception; 1995, Dec. 52 (6) 327-35.

[15] Association canadienne J.Med.1970 103 ;343( 48% d’anomalies chromosomiques  versus 22%, RR 2,2)

[16] Pour plus d’information :www.Kousmine.fr/194

[17] Journal of Steroid Biochemistry, 1981 (14) 729.

[18] B.M.J. 1962, 1,792.

[19] Rapport OMS 975

[20] Lancet: 1968, a, 1376.

[21] Am. J. Obst. Gynecol ; 1971, 111, 782-791.

[22] Am. J. Obst. Gynecol, 1977, 128, 255-261.

[23] La Société canadienne de Pédiatrie 3 sept. 2005

[24] Journal “Le Soir”, 28 nov. 2011.

[25] Journal « Le Soir », 23 nov. 2011.