Le tabac

La pilule initiera un tabagisme chez certaines femmes. Alors que la médecine prêche à temps et à contre- temps que, si la femme prend la pilule, elle ne doit pas fumer car le tabac  augmente son risque cardio-vasculaire, ceci  est bien vrai mais, la médecine semble ignorer que des femmes, qui  prennent la pilule par rapport à celles qui ne la prennent pas, non seulement seront plus nombreuses mais, fumeront   davantage, ceci étant dû au stress que celle-ci initie chez  certaines femmes.

 

 Pourquoi la pilule augmente-elle  le  tabagisme?

           Ce que des médecins en pensent

Déjà en 1979, l’étude de S. Harlap [1] mentionnait que les femmes, sous pilule,  fumaient et buvaient davantage que les femmes qui n’étaient pas sous contraception hormonale.

L'étude française du Crédes [2], intitulée: «  Les femmes en France qui prennent la pilule fument plus que celles qui ne la prennent pas »  présentée  par Christian Jamin, nous confirme que les utilisatrices de la pilule  fument davantage que les non utilisatrices. Ainsi, les fumeuses représentent 35 % des femmes qui prennent la pilule alors qu'elles ne représentent que 25 % de la population de la même tranche d'âge. C'est-à-dire un risque relatif[3] non anodin  de 1,4 !

 Fumer et prendre la pilule serait, pour une certaine médecine,  une affirmation de liberté et de modernisme, tel serait l’unique explication, la raison de cette augmentation du  nombre de femmes fumeuses, sous pilule. Ainsi, cette médecine se disculpe facilement, incrimine,  uniquement à  la femme, l’origine de son tabagisme. Ainsi, elle s’aligne uniquement sur une des politiques de marketing utilisée par l’industrie du tabac afin de convaincre les femmes de fumer, fumer serait un acte socialement accepté, signe d’émancipation, de luxe, de sensualité. Cependant Aux Etats-Unis, le tabac fut commercialisé sous la forme d’une force normalisante, calmante et libératrice [4]Le paquet des Camel décrivait un officier de marine lançant une torpille en haute mer, tandis que sa femme à la maison calmait ses nerfs à elle avec une cigarette. La médecine se garde bien de proclamer l’impact calmant du tabac chez la femme sous pilule car cet impact calmant du tabac suppose un stress généré par la pilule.

Les études concernant l’impact de la contraception hormonale sur l’infertilité ont dû forcément tenir compte d’un biais important celui du tabagisme, lui-même source d’infertilité. Sans cette correction de la prise en compte du tabagisme, l’infertilité inhérente à la pilule aurait été majorée. C’est pourquoi, nous vous livrons trois études, qui vont nous dévoiler des renseignements des plus intéressants sur le risque de l’augmentation du tabagisme de certaines femmes sous pilule.

Selon l'étude British journal of family planning mentionnée plus haut, effectuée sur 17.000 femmes, étude du British Journal of Family Planning de 1986, le  nombre de femmes fumeuses est plus élevé de 16% (RR 1,16) chez les femmes qui ont pris de la pilule  mais pour un nombre de cigarettes supérieures à 15/ jour, chez les femmes de 25 à 34 ans ayant ou non eu des enfants, ces femmes fument deux fois plus que les femmes qui ne prennent pas la pilule.[5]

Avec l’étude de Hassan, le risque relatif de fumer d’avantage est de 1,8 pour la pilule ou les progestatifs oraux,  mais de 3,5 pour les injectables ! [6]

Dans l’étude de Hanneford, publiée en 2010[7], 19,9% des femmes qui fument plus de 15 cigarettes/ jour  prennent la pilule contre 15.5% des femmes qui fument plus de 15 cigarettes / jour  mais qui ne la  prennent pas, soit un RR 1,28, la pilule augmente donc de 28% le nombre des fumeuses.

Les courbes en fonction de l'âge et de la prise du tabac ou de la pilule  se superposent, ce qui suggère un lien entre la pilule et le tabagisme  féminin. En France, la prise de la pilule est maximum entre 18 et 25 ans, il est de même pour le tabagisme: 50 % des femmes de 15 à 25 ans fument régulièrement ou occasionnellement. Après 10 années de prise de pilule, la femme passe au stérilet. Pour les femmes de 25 à 45 ans, le tabagisme décroît de 40 à 35 %. Au-delà de 45 ans, la femme peut choisir la stérilisation, le tabagisme chute de 35 à 25 %.[8].

 


Comment expliquer autrement l'augmentation du tabagisme dû  à la pilule ?

 

Les études mentionnées plus haut soulignent que les hormones contraceptives augmentent non seulement le nombre des fumeuses (RR 1,16 à 1,4) mais aussi chez ces dernières un tabagisme deux  à trois fois plus important.

De plus il est intéressant  de connaître l'étude concernant les comportements de santé, étude   qui a été effectuée en Allemagne entre 2003 et 2006 , par Du Y, chez des adolescentes. L'utilisation de la contraception hormonale a été évaluée chez 2085 adolescentes de 13 à 17 ans. Par rapport aux non utilisatrices de la contraception hormonale, cette dernière a été fortement associée au tabagisme( RR3,4) indépendamment des facteurs sociodémographiques.(J Adolesc health 2011 avril;48:331-7)  Cette étude, en outre, fait le constat  que ces adolescentes fumeuses et sous pilule cumulent un risque cardiovasculaire !

Pour nous, Les femmes sous hormones contraceptives  subiront un stress qui initiera   un  tabagisme plus important  chez un nombre plus élevé parmi elles par rapport aux femmes qui ne sont pas sous hormones.

. Le stress peut être dû  à une contrainte sociale, mentale, physique, celle-ci peut être mineure ou importante. Avec la contraception hormonale, prise durant des années la contrainte physique est importante, le stress est permanent.

Quant à la contrainte sociale, elle existe bien, en effet, en 2008, le ministère de la santé française a lancé une campagne pour une contraception diversifiée, car son usage peut être vécu et interprété de la part des femmes comme un choix personnel et autonome mais,  peut  aussi être évalué comme contraignant, voire vécu négativement. Pour John Mason, le stress psychologique induit par la contrainte sociale serait, quant à ces conséquences,  aussi important que le stress physique.

Le stress peut induire des réactions comportementales tels que : l’addiction à l’alcool, au tabac, aux drogues, des troubles alimentaires, de l’obésité… Les pilules progestatives peuvent augmenter le poids. La nicotine du tabac agirait en augmentant la dopamine et la sérotonine, il en résulterait une diminution de l'appétit, du poids. La femme fume alors pour se prémunir de l’obésité.

Au niveau psychologique, on sait que le stress peut induire dépression, anxiété, irritabilité….La dépression est un effet secondaire de la pilule, inscrit dans la notice pharmaceutique,  en tant que telle, elle est associée au tabagisme ([9).  Selon le psychiatre Brian Bexton, il y a effectivement un lien à faire entre la cigarette et la dépression. Au cours de la dépression, il y a une baisse de certains neurotransmetteurs comme la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine. Cette dernière, la dopamine, est un neurotransmetteur impliqué dans le plaisir et la concentration et il s’avère que la consommation de nicotine permet justement d’augmenter rapidement les niveaux de dopamine à l’intérieur du cerveau.[10]

Selon la gynécologue E. Gran« Il s’est produit une énorme élévation des prescriptions d’antidépresseurs et de tranquillisants chez les jeunes femmes depuis que le tabac et la pilule ont été banalisé. »[11]

Au niveau physique,  le stress peut induire : insomnie, migraine, hypertension artérielle, allergies. Or,  la pilule peut provoquer des allergies alimentaires, des rhinites allergiques, alors certaines femmes pourront s'adonner au tabac ou à l'alcool.[12]La contraception estroprogestative, comme indiqué dans la notice, peut provoquer de l'hypertension, de la migraine et la plupart des femmes disent fumer pour apaiser ces symptômes.

L’endocrinologue, Hans Selye, inventeur de la théorie du stress, publia, en 1956, le stress de la vie. Il est le premier à avoir établi un lien entre maladie et stress. Ses travaux visaient à comprendre le rôle du système hypothalamus- hypophysaire-surrénalien dans les réactions du stress. Le corps répond au stress par une augmentation des hormones du stress  qui y sont liées : cortisol, adrénaline, ACTH, c’est précisément ce que font les hormones contraceptives, en perturbant le système endocrinien, ces hormones sont augmentées.  Selon Hans Selye, quand l’organisme est soumis de manière prolongée à une situation stressante, il y a une dérégulation de plusieurs systèmes physiologiques, entraînant : dépression de l’immunité, hypertension, athérosclérose, infarctus du myocarde, constipation, colite, ulcère, arthrites rhumatisantes, diabète, obésité, dépression, anorexie mentale, troubles anxieux, irritabilité. Comme la pilule, prise durant des années, a pour vocation d’induire une dérégulation de plusieurs systèmes physiologiques, on peut conclure à juste titre que  LA PILULE EST donc bien UN STRESS MAJEUR POUR LA FEMME, en conséquence, elle est capable d’initier ou de maintenir plus durablement un comportement lié au tabagisme chez la jeune femme, si bien que l’on peut affirmer que si elle veut arrêter de fumer plus facilement, il faudrait nécessairement qu’elle laisse tomber la pilule !

 

Le sevrage du tabagisme

Après sevrage, la femme pourra grossir, être nerveuse, migraineuse, …Alors que la pilule est contre indiquée par l’OMS chez la femme qui fume plus de 15 cigarettes/ jour, certains gynécologues prescripteurs de la pilule préconisent même à des femmes de continuer à fumer pour éviter l'effet rebond du sevrage!

Comme pour la pilule, arrêter de fumer à n’importe quel âge a des influences bénéfiques sur la santé,  le plus tôt est évidemment le mieux.

Pourquoi  pas Le jeûne?

Une intoxication au tabac, répond très bien à un jeûne thérapeutique [13] Une statistique de la clinique Buchinger confirme  qu’après un jeûne : près de 50% des fumeurs ont arrêté complètement, plus de 45% ont diminué fortement leur consommation, et moins de 5% ont continué de fumer comme avant.[14]

C'est quand même étonnant que les tabacologues, ces spécialistes du sevrage du tabac, ne préconisent pas le jeûne à leurs patients! Il est intéressant de savoir que les ex fumeurs boivent moins des boissons alcooliques, on peut  donc conclure que pour moins boire, il faudrait arrêter de fumer.

Le sevrage par les médicaments comme la varénicline, la bupropione est  à écarter en cas de grossesse ou non(Prescrire mars 2015 ;377 p:205)

 Champix, à base de varénicline, qui a la faveur des tabacologues malgré ses effets secondaires dangereux, fut l'objet de procès en cascade!


Le tabac, le petit frère de la pilule?

 

Tabagisme  et Infertilité

 Un délai de conception est observé chez les fumeuses. La méta analyse d’Augood donne une augmentation significative  du délai de conception de plus d’un an de1,42.[15]Il varierait de 1 an à 3 ans ou plus[16] [17], mais serait plus court que celui de la pilule. Le taux de grossesse à un an serait diminué de 15 %. Les données actuelles estiment que 13 % des cas d'infertilité seraient attribuables au tabagisme.

La fécondabilité des non-fumeuses est 1, mais pour les fumeurs et fumeuses de 20 cigarettes / jour, elle est de 0,7! Le risque relatif d'infertilité, pour un tabagisme supérieur à 1 an est 1,54. [18]Comme la pilule, le tabac altère à long terme la réserve ovarienne (diminution du nombre d’ovocytes restant disponibles pour les ovulations) et avance ainsi la ménopause précoce de 1,3 à 2 ans (RR 1.6). L’effet sur la réserve ovarienne est liée à la durée du tabagisme et est irréversible pour les jeunes femmes qui ont commencé à fumer avant 18 ans.

Le Dr. Mc. Bennetta, gynécologue, dans son livre : « Enceinte à 40 ans. » met en garde la femme qui a fumé. Elle lui dit : « Le tabagisme chronique (…) a une influence sur votre système cardio-vasculaire. Certaines (femmes) préfèrent fumer (…) Leurs vaisseaux s’encrassent insidieusement, les artérioles durcissent, rétrécissent et perdent leur élasticité. Des artérioles non rétrécies par l’usage du tabac, assurent de bons rapports avec le placenta (…), une bonne croissance foetale et moins de complications hémorragiques au moment de l’accouchement. (….) Des artères rétrécies, encrassées, condamnent la greffe de l’œuf. »

Nous remercions la gynécologue de confirmer ce que nous avons dit en amont,  sur la sténose des artères et des artérioles due à la pilule.

Si la femme fume durant la grossesse, son risque de stérilité est majoré, étant donné qu’à la sténose artérielle s’ajoute la diminution en oxygène dans le sang, cet oxygène est remplacé en partie par le monoxyde de carbone provenant de la fumée du tabac.

Chez la femme qui fume durant la grossesse, on observe une augmentation, des fausses couches (RR 1,9 à 3,4), de prématurités (< 37 semaines) (RR 1,8), de retard de croissance intra-utérine, de petit poids à la naissance (< 2,5 kg) (RR 2,7), de placenta praevia (RR 1,3), de décollement placentaire, d'une mortalité périnatale, des malformations du nouveau né[19].

Le tabac, créerait un délai d’ovulation, diminuerait la contractilité tubaire, ce qui pourrait expliquer les grossesses extra-utérines (RR2,4). Si à l’arrêt du tabagisme, les séquelles biologiques ne sont pas réparées, on doit s’attendre à une augmentation de grossesses extra-utérines bien que la femme ait  arrêté de fumer.

Le tabagisme pris durant la grossesse est à mettre en parallèle avec la contraception hormonale prise durant la grossesse : on observe la même toxicité (voir chapitre « Dénis de grossesse »).

Les couples qui fument ont moins de chance de répondre au traitement de l’infertilité, les chances d’implantation seraient diminuées de moitié.

Le tabac expose aussi l’homme à  une infertilité, , une andropause  précoce.

Le tabac, comme la contraception hormonale, favorise largement mais moins rapidement, des processus de vieillissement irréversibles, associé à la pilule, il   potentialisera son infertilité.

 Chez des femmes suivies pour infertilité, Hughes[20] a évalué à 47% seulement les femmes ayant connaissance d’un effet délétère du tabac sur la fertilité et seulement 30% des femmes avaient été informée par leur médecin de cet effet.

 

Tabagisme et les Cancers

 Le cancer du poumon se situe au 3° rang des cancers de la femme, après le cancer du sein et  colorectal, son  taux d'incidence estimé était, en 2012 de 18,6 cas par an pour 100.000 femmes françaises, soit 12.000 cas en France métropolitaine. La cigarette est surtout associée au cancer du poumon et de la gorge.

Mais les produits de la combustion du tabac ressemblent énormément aux hormones féminines, c'est un estrogène-like, c'est pourquoi il augmente le risque de cancer du sein, du col de l'utérus, de l'endométriose.

La consommation de tabac augmente les risques de développer un cancer du sein de16%. Mais l'exposition passive au tabac augmente quasiment autant ce risque (10%) et commencer à fumer entre 16 et 26 ans accroît le risque de22%!(L. Dossus EPIC cohort. Int J Cancer avril 2014 vol.134(8):1871-88)

Le Dr Henry Suchet dénonce une endométriose plus sévère liée au tabac[21]. De même, l’étude, publiée en septembre 2004, par Human Reprod [22]associe l’endométriose au tabac.

Le tabac augmente le risque de  cancer du col de l'utérus (RR 2) [23] significativement. Mais avec la contraception orale, le risque est plus élevé. L’incidence des cancers du col dans l’étude de Walnut Greek est de 14 cancers pour les fumeuses et de 37 chez les femmes sous contraception hormonale [24]. Il faudra attendre 5 à 10 ans pour une diminution du risque cancéreux. [25]

 

Tabagisme et affections cardio-vasculaires

Comme la contraception hormonale le tabac augmente le risque d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cérébral, d’un déséquilibre de la stase sanguine, de phlébites: (risque relatif pour les anciens fumeurs 1,1 à 1,17) de diabète.

Pour la femme de 20 à 35 ans, le risque cardio-vasculaire que l’on peut attribuer au tabac serait de 1,5[26] alors que le risque que l’on peut attribuer à la contraception hormonale est de 5,1[27].

La médecine dit souvent aux femmes que si l’on ne fume pas, la pilule est sans danger. La plupart des morts vasculaires prématurées surviennent après 1 à 6 ans de prise de contraception hormonale, un délai plus court que pour le tabac. Le risque de décès cardio-vasculaire serait multiplié par 2 chez les fumeuses, par 3 chez les femmes sous pilule, par 10 chez les femmes la  prenant et fumant[ 28].

Le tabac initie aussi des pathologies vasculaires comme l'hypertension, l'insuffisance rénale chronique...

 

Le tabac et le système endocrinien

Le tabac comme la pilule perturbe le système endocrinien. Les règles sont rares avec le tabagisme (risque relatif 2 à 3), les cycles menstruels sont plus courts avec le tabagisme (risque relatif 3,8) mais ces perturbations sont ignorées chez la femme qui prend la pilule. Il y a une augmentation du risque du diabète de type 2, de l’acné, de la chute des cheveux, de l’ostéoporose.

 

Le tabac et les infections, les maladies inflammatoires pelviennes

Le tabac, comme la contraception hormonale, augmente le risque d’infections pelviennes, (RR1, 7) des cervicites, d’infertilité tubaire [29], des cystites récidivantes.

 En chirurgie le tabagisme est associé à un risque accru, d’infection lors d'une opération (RR2  à 3,5. On observe plus d’endométrite après césarienne.

 

Le tabac et les  affections auto-immunes

 Le tabac, comme la contraception hormonale, augmente le risque de lupus érythémateux systémique (RR 1,5), d’asthme, de maladie de Crohn (RR2), de la sclérose en plaques (RR 1,2 à 1,5) …

  • Commentaires :  Hans Selye, endocrinologue, a décrit que "des individus pouvaient résister durant de longues périodes, au stress avant que leur mécanisme de résistance ne s’effondre et qu’ils tombent malades. La période de résistance de tabac semble être de 20 à 25 ans, mais de quelques années seulement pour la contraception hormonale. Ceci suggère fortement qu’elle est plus nuisible à la santé de la femme  que le tabac. "[30]

 


Comment comprendre  le haro sur le tabac et l’omerta sur la pilule?

Le tabagisme féminin ne serait-il donc  pas le bouc émissaire permettant au monde médico-pharmaceutique de se disculper en rejetant sur celui-ci tous les maux dont la femme souffre? C’est qu’il y a une conviction médicale aussi ancienne qu’inébranlable:  « la femme est toujours responsable des malheurs qui s’abattent sur son corps. »

 Le lecteur doit savoir que  sur les boites des premières pilules, il y avait légalement imposée  une petite  tête de mort, représentant un centième de la surface de la boite. Aujourd’hui, cette tête de mort a disparu des boites et les plaquettes de pilules sont introduites dans un étui métallique, comme jadis on introduisait les cigarettes dans un étui, afin de souligner l’importance, le pouvoir de séduction de la pilule.

 Si hier, le tabac n’avait pas sa tête de mort, on sait qu’aujourd’hui le paquet de cigarette légalement doit montrer un avis mortifère, représentant la moitié de sa surface !

A juste titre, aucun gouvernement français ou belge n’accepterait, particulièrement en ces jours, de distribuer gratuitement des cigarettes à nos jeunes filles, cependant ces gouvernements sont tout à fait à l’aise de leur distribuer gratuitement la contraception hormonale, bien que celle-ci soit aussi toxique, voire plus que le tabac !

Pour la doctoresse E. Grant, «  c’est politiquement plus correct, de dénoncer les ravages du tabac, que ceux de la pilule. »[31]

Nous sommes toujours étonné de n’entendre jamais des tabacologues incriminer la pilule contraceptive  être à l’origine d’un tabagisme chez les jeunes femmes !

En 1992, après l’annonce d’un décès d’une patiente consécutif à la prise d’un avortement médicamenteux avec le RU486, le laboratoire de cette molécule annonça en toute hâte, comme pour se débarrasser de toute responsabilité, que cette femme était une grande fumeuse et il ajouta, à la liste des contre-indications du RU486, le tabagisme.

 

Facteurs de risque du tabagisme

L’initiation du tabagisme chez les jeunes femmes peut être aussi due à la pression  sociale, au marketing de l’industrie du tabac, à un niveau social défavorisé, l’âge…

 Des études ont montré que de très jeunes  adolescentes  (13-14 ans)  fument d’avantage par rapport aux très jeunes adolescents, ceci pourrait s’expliquer  par le stress induit  chez ces adolescentes s’engageant dans  une relation sexuelle, elles prendront  alors la pilule et fumeront plus facilement, car le tabac désinhibe, il diminuera  l’anxiété due à la relation sexuelle.

Mais il y aura aussi des jeunes femmes chez qui la pilule initiera le tabagisme,  comme nous l’avons énoncées en amont  et comme les témoignages ci-après le montrent.

 

 

Témoignages intéressants

 « J'ai vraiment peur car je prend la pilule (...)  j'ai commencé à fumer et mes parents ne le savent pas et j'ai peur car j'ai entendu  dire que quand on fume et qu’on prend la pilule on a de gros risques ( …) » Sante-medecine.commentcamarche.net 17.11.2010 à 14.14

 

« Quand mon docteur m'a prescrit la pilule, je ne fumais pas et elle m'avait prévenue que c’était dangereux. Or j'ai commencé entre temps à fumer, mais je me limite à une ou deux par jour, ou tous les deux jours. Je ne pense pas courir un gros risque,….»Aufeminin. Be 9.12.2004 à 14.28

 

« Je suis fumeuse et j'ai pris la pilule pendant 10 ans. Pour ma première grossesse, j'avais arrêter 2 mois avant de tomber enceinte la clope et bien évidemment la pilule. Ma grossesse c'est très mal passé, j'ai accouché à 6 mois de grossesse, mon placenta était nécrosé et ma fille mal alimenté. J'ai beaucoup culpabilisé en me disant que c'était à cause de la clope. Ma gynéco m'a dit que non puisque je n'avais pas fumé pendant ma grossesse par contre j'ai l'interdiction totale de prendre des hormones pour ne pas que cela se reproduise… » Fr. Answers. Yahoo.com «  je prends la pilule depuis septembre mais je fume »

 

Commentaire : Les deux premiers témoignages nous montrent bien que la pilule peut initier le tabagisme, chez certaines femmes. Le dernier témoignage illustre parfaitement comment l’action conjuguée de la pilule et du tabac, a généré une athérosclérose, ne permettant pas au fœtus de se développer complètement jusqu’au neuvième mois. Notez que la femme n’a pas fumé durant sa grossesse  à juste titre et,  contrairement à son médecin, elle attribue la naissance prématurée à son  tabagisme antérieur à sa grossesse. Mais, cette femme n’a pas pris conscience que la pilule était aussi à incriminer dans cette naissance prématurée. Le médecin, qui lui interdit de prendre formellement des hormones, lui par contre, est bien conscient de l’impact négatif des hormones sur la grossesse !

Terminons avec un peu d'histoire: Comment faire fumer les femmes.

 



[1] Contraception 1979 ; 20,105

[2]Etude de Crédes Biblio n° 876 févr. 1991. “Les femmes en France qui prennent la pilule fument plus que celles qui ne la prennent pas »

[3] Le risque relatif (RR) mesure le risque de survenue d'un événement dans un groupe par rapport à un autre groupe. Exemple : Considérons que 10 % des fumeurs ont eu un cancer du poumon, et que 5 % des non-fumeurs ont eu ce cancer .Le risque relatif  est ici égal à 2 (10/5=2). Le risque d'avoir un cancer du poumon est deux fois plus élevé chez les fumeurs que chez les non fumeurs.

[4] L’empereur de toutes les maladies de Siddhartha Mukkerjee  p 323 Flammarion

[5] British Journal of Family Planning 1986, 11, 120

[6] Human Reprod Vol 19, 2004, février, page :344-351

[7] BMJ 2010 ; 340 c 927

[8] Prévalence tabac enquête INPES Février 2004

[9] Lancet 2008 janvier 371 p 78

[10] Pilule Tele.  Quèbec, 2008,7, octobre.

[11] Amère Pilule Dr. E. Grant  Ed. ŒIL page : 80

[12] Dr. Ellen Grant, Amère Pilule p. 106

[13] Leeman Psycho pharmacology (Berl) 2010 sep 212(1) 25-32

[14] L’art de jeûner Eds Jouvence p: 67 Dr F. Wilhelmi de Toledo

[15] Human Reprod 1998, 13 (6) p :1532-9

[16] Fertil. Steril 1995: 64, 22

[17] Human Reprod 1997; 12 – p 1582

[18] Am. J. Epidemiol 1997; 146, 32-41

[19] Delacroix Collection que sais-je? 1999, La grossesse et le tabac.

[20] Fertil. Steril.  2000 ; 74 (3) 498-503

[21] Gynécologie-urologie edimark.fr octobre 2000 .l’endométriose le temps du diagnostic précoce et de l’information.

[22] Human Reprod. 19(9)2126-31

[23] Revue médicale Suisse, 28.7.2010, p. 1436

[24] Lancet, 1983, 1, 528

[25] Dans son édition du 8 décembre 2006, le quotidien The Guardian révèle qu'il était durant les années 1980 sous contrat avec Monsanto (touchant même durant un an 1 500 dollarsp par jour), créateur de l'agent orange, pour étudier le lien possible entre le cancer et ce produit chimique1. Il avait conclu qu'il n'y avait pas de relation entre les deux. Il est aujourd'hui prouvé que l'agent orange est responsable de maladies diverses, dont de nombreux cancers dans la population vietnamienne, où il a été largement utilisé par l'armée américaine durant la Guerre du Viêt Nam. En outre, le journal assure avoir retrouvé des documents qui prouvent que Richard Doll a également perçu des honoraires de 15 000 livres (22 188 euros) de l'Association des producteurs chimiques, ainsi que des groupes américain Dow Chemical et britannique Imperial Chemical Industries pour une étude sur le chlorure de vinyle (présent dans les plastiques). Là encore, l'étude avait écarté tout risque de cancer, sauf pour le cancer du foie, conclusions que dément l'Organisation mondiale de la santé

[26] Drug Safety 2000, 22 may (5) ; 361-371

[27] Bri. J. Clin. Pharmacol. 2000 49, 580-90

[28] Lancet, 1981;1;541-549

[29] Fertyl Steryl 1987 ; 48 :377

[30] Amère pilule Dr. E. Grant p. 82

[31] Lancet, 2003 ; 362/124