La naissance prématurée.

La pilule, le stérilet sont-ils à l’origine des naissances prématurées?

Les femmes, qui ont pris la pilule continuellement durant plus de  5 ans, ont un taux de prématurité  significativement plus élevé que celles qui ne l'ont pas prise selon l'étude de Döring. [1]

Dans un autre essai, du même auteur, les femmes, qui ont conçu directement après l'arrêt de la pilule, ont 8,8 % de prématurés par rapport au 5,4 % du groupe de contrôle.[2]

La prise des contraceptifs oraux, près du moment de la conception, dans les 30 jours avant la dernière période menstruelle  a été associée à un risque accru de très faible poids de naissance (RR3,24) et de prématurité (RR1,61).

L'acétate de médroxyprogestérone, pris avant la naissance, augmente significativement la prévalence d'enfant de faible poids et de mortalité infantile. (3)

A contrario, la prise de contraceptifs oraux 1 à 3 mois avant la dernière période menstruelle n'a pas augmenté le risque de faible poids à la naissance ou de naissance prématurée.(Institut de la santé des populations, Université d'Ottawa, Canada.XI KUAN. CHEN)

La naissance prématurée initiée par la pilule pourrait, dans certains cas, s'expliquer par une couche de l'endomètre trop mince, on sait  en effet, que la pilule peut initier ce type de couche après des années d'utilisation.

De plus, selon l'étude de Blaustein, publiée par la Revue Internationale de Fertilité titrant : The effects of the oral contraceptives on the endometrium, une utilisation durant de longues années de la contraception hormonale pourrait entraîner un épaississement des artères utérines réduisant ainsi leur orifice, leur lumière ce qui va provoquer une diminution du flux sanguin apportant l' oxygène et les nutriments nécessaires à un développement harmonieux du foetus.

Le stérilet enlevé moins de douze mois avant une grossesse en cours est associé à un risque accru de prématurité (risque relatif [4]1,8 à 2,6).[5]

L'infertilité des enfants prématurés

 Les enfants nés avant terme, ayant un faible poids (inférieur à 2,5 kilos), souffriront d’avantage  de cryptorchidie (RR 2-3) source importante d’infertilité chez l’homme, ainsi que d’hypospadias[6]. Selon Jensen un faible poids à la naissance est prédictif de la cryptorchidie [7]et 30% des mâles prématurés ont au moins un testicule non descendu.

Les facteurs de risque

La chirurgie du col de l’utérus, les infections intra-utérines, les infecttions vaginales (RR2) les infections du col utérin, les infections virales, bactériennes à chlamydia (RR2,6), les infections urinaires, les affections vasculaires, la prééclampsie ou hypertension  artérielle gravide, le fibrome utérin, l'hyperglycémie, le diabète, la rupture prématurée des membranes, le tabac, l'hypertension ( RR1,34), le placenta abrupto, le placenta  prævia, l’asthme, le lupus érythémateux systémique, l’avortement, la parodontite,(voir plus bas) les aberrations chromosomiques, la diminution de l'épaisseur de l'endomètre.

La diminution des concentrations en l'acide folique, du fer ou zinc générant une diminution du flux sanguin et augmentant les infections de la mère.(Galdenberg, Epidemiology and causes of preterm birth, Lancet  january 2008;p77-78)

Soulignons que tous ces   facteurs de risque sont fortement associés à la contraception hormonale.

La femme, qui a eu antérieurement des fausses couches,   augmente le risque d'une naissance prématuré, selon l'étude d'Olivier Williams publiée par BJOG en 2015, oct 122(11) 1528-34. Le risque est doublé avec un nombre de fausses couches augmentant.retenons que, comme nous l'avons montré  au chapitre fausse couche, la contraception hormonale les augmente.

Un avortement augmente de 30 % le risque d'une naissance prématurée, au delà de un avortement le risque augmente d'avantage et il se situe à 90%,  selon l'étude française EPIPAGE.

l'accroissement de l'utilisation des ultrasons utilisés pour estimer l'âge de la gestation.

La malnutrition due à un niveau socio-économique, les antiépileptiques, les drogues, le déni de grossesse [8] (RR3), l’alcoolisme, la procréation médicale assistée, la grossesse gémellaire, le jeune âge de la mère ou l'âge supérieur à 30 ans,  les perturbateurs endocriniens, le stérilet, le curetage.

Le stress réduit significativement de 29% la probabilité de conception. (Fertil Steril jun 2011; 95(7) : 2184-2189)

Une sévère dépression, au début de la grossesse, doublerait le risque d'une naissance prématurée.

L'excès de rapports sexuels, par le stress qu'ils engendrent peut conduire à une naissance prématurée. La femme devrait renoncer au sexe si elle n’en a pas envie.[9)

La naissance prématurée

La naissance prématurée est la naissance à un âge gestationnel de 37 semaines. La grande prématurité se définit comme une naissance avant 32 semaines. La prématurité et la grande prématurité sont responsables respectivement de 60 à 90 % de l'ensemble de la mortalité infantile, 20 à 50 % des enfants survivants développent des troubles neurologiques, ils ont davantage des problèmes de comportement. La prématurité est associée, à un retard mental,  à l’épilepsie, à la surdité, à la cécité, à la détresse respiratoire, à l’autisme,  [10]à des infections graves, à des problèmes  gastro-intestinaux, à une paralysie cérébrale pour laquelle des chercheurs estiment que 32 pour cent des bébés prématurés et d'un très faible poids en seront affectés …

La nécessité d'un suivi.(Voir vidéo3,45 minutes)

La fréquence

La naissance prématurée survient dans 5 à 10 % des accouchements .La récidive est habituelle lors d'une nouvelle grossesse ou lors de la prise de contraception hormonale. [11] En France, on compte 60.000 naissances prématurées par an.

Quels sont les signes (Voir vidéo)Un traumatisme pour les parents. (Vidéo 5,51 minutes)

La prévention

Les examens de routine du col de l’utérus durant la grossesse pour identifier le risque de mettre au monde un prématuré ne se justifie pas. Leur valeur prédictive est faible, un essai suggère que ces examens accroissent le risque de rupture prématurée des membranes qui forment la poche dans laquelle grandit un enfant dans l'utérus. [12]

L'acide folique, la vitamine B12 et l'oméga 3 ont un rôle important durant la grossesse pour le foetus en développement. L'altération de l'acide folique, de la vitamine B12, l'augmentation de l'homocystéine peuvent  contribuer à une naissance prématurée.(J Matern Foetale et néonatale Med 2012 avril;25 (4):317-23  Dhobale M)

La prise de vitamine E, de 600mg/jr d'arginine pour augmenter l'épaisseur de l'endomètre diminuée par la prise de la pilule durant des années.

Commentaire: Comme la pilule diminue l'acide folique, le fer, le zinc, la femme sous contraception hormonale aurait intérêt à prendre à titre préventif  au minimum 0,4mg/jr d'acide folique mais aussi du fer et du zinc.

Les traitements

Le traitement d'un bébé prématuré est avant tout un traitement personnalisé.

Il peut y avoir un acharnement thérapeutique, parfois de la part de certains  médecins, face à une grande prématurité. Nous donnons le témoignage d'Alain Thiesse: Elle s'appelait Emma.

Le traitement des infections par antibiotiques pourrait diminuer les naissances prématurées ou l’augmenter (risque relatif 2.[13] Il peut aussi ne pas avoir d’impact ou augmenter les naissances prématurées.[14]Une étude randomisée a montré que, face à une menace d’accouchement prématuré, l’administration systématique d’antibiotiques au cours de la grossesse augmente le risque d’infirmité motrice cérébrale, chez les enfants exposés in utero.[15]

La progestérone, les progestatifs de synthèse n’ont pas montré d’efficacité dans la menace d’accouchement prématuré.[16]

La cortisone modifierait le programme génétique du fœtus, ce qui induirait un trouble déficitaire de l’attention.

Les techniques de relaxation pour gérer le stress.

La parodontite

La parodontite est une maladie due à l'accumulation de bactéries sur les dents et les gencives. Elle peut provoquer des abcès ou mener au déchaussement puis à la perte des dents, une gingivite, des tous noirs entre les dents, une hypersensibilité aux collets des dents...

Le risque d'une naissance prématurée est associé avec la sévérité de la parodontite et il augmente quand la parodontite progresse durant la grossesse.(Lancet 12 janvier 2008).

Ses facteurs de risque: l'âge, le tabac, la malnutrition, la contraception hormonale, les immunosuppresseurs, le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires...

Des études associées à la parodontite et la naissance prématurée

Etude de Manjusha Varadan , publiée en mai 2015; 65(3) 167-171 par J Obstet gynecol Indiia.

Etude de Kahder Y, publiée en février  2008 par Arch Gynecol Obstet, 279(2) 165-9.

Selon une équipe de chercheurs du collège de médecine de l'université de Houston, le placenta abriterait une communauté bactérienne identique à celle trouvée dans la bouche. Ces microbes généralement non pathogènes, pourraient être à l'origine des naissances prématurées. Les microbes  voyageraient  de la bouche par le sang.

Pour la gynécologue Kjersti Aagaard (1) promotrice de cette étude, celle-ci renforce les données connues de longue date concernant la maladie parodontale liée au risque de naissance prématurée.

De nombreuses études ont montré que les hormones sexuelles pouvaient avoir un rôle important dans l'inflammation chronique au cours de la maladie parodontale.

Des études associant  la parodontite à la contraception hormonale.

Une étude de 2000, sur une population de femmes rurales sri-lankaise, a montré que l'inflammation gingivale était significativement plus sévère chez les femmes utilisant les contraceptifs oraux par rapport aux non utilisatrices et ce malgré des indices de plaque similaires.(2) L'inflammation était significativement plus élevée avec une utilisation prolongée de contraceptifs hormonaux, par rapport aux témoins.

L'étude en 1998 de Klinger (3) a montré que les hormones sexuelles pouvaient avoir un rôle important dans l'inflammation chronique au cours de la maladie parodontale.

Knight et ses collaborateurs (4) ont montré que les femmes utilisant un contraceptif oral depuis plus d'un an et demi présentaient une destruction parodontale plus importante qu'un groupe  témoin de femmes ayant le même âge et le même niveau d'hygiène.

Les femmes sous contraception hormonale présentent  une inflammation gingivale plus marquée et des lésions parodontales plus sévères que les femmes du groupe témoin malgré une hygiène identique.(5)

Pour en savoir plus sur la parodontite.

(1)K. Aagaard Revue Science Transnational Médecine  2014 ,26,  mai.

(2)A. tilakaratne J. Clin. Parodontol, 2000,27:753-757

(3)G. Klinger Contraception 1998, 57(6):381-384

(4)Knight GM. Wade AB J. Parodontol. Res. 1974;9:18-22

(5)Diallo Mamadou Tidiane  26 07 2006 Thèse pour obtenir le grade de  docteur en chirurgie dentaire.

 

 



[1] Geburtshifle Frauenheilkd 1979 May; 39 (5) 369-71

[2] Gcburtshilfe Frauen heilkd 1976, janv. 36(1) 57-61

[3] Am. J. Epidemiology, 1971, 134-795-803

[4] Le risque relatif (RR) mesure le risque de survenue d'un événement dans un groupe par rapport à un autre groupe. Exemple : Considérons que 10 % des fumeurs ont eu un cancer du poumon, et que 5 % des non-fumeurs ont eu ce cancer .Le risque relatif  est ici égal à 2 (10/5=2). Le risque d'avoir un cancer du poumon est deux fois plus élevé chez les fumeurs que chez les non fumeurs

[5] Int. J. Gynecol. Obst, 2004; juli 86 (1) 70-78.

[6] Qui est un orifice de sortie urinaire du pénis situé sous le gland et non à son extrémité, un des testicules ne

[7] Maink.M , Jensen RB. Hormone Research 2006 ; 65 :116-22;Am. J. Epidemiol 2012;1 mai, 175 (9) 917-25

[8] Les femmes qui prennent la pilule se croient totalement immunisées contre une grossesse. Il faut savoir que de nombreux dénis surviennent chez les femmes qui utilisent la pilule contraceptive, celle-ci provoquant des règles artificielles, des saignements qui peuvent perdurer durant la grossesse. La femme ignorante de son état gravide continue donc à prendre la pilule.

[9] Comment guérir les maladies de la femme du Dr Wighard Strehlow  p :74  Ed F-X de Guibert

[10] Pediatrics, vol 121 ;4, avril 2008 URL

[11] Vademecum clinique Masson 10e édition p. 1037

[12] Lancet 1994, 344: 841-44

[13] Bjog 2006 ; 113 supp 3 :46-5

[14] Am. J. Obs. Gynecol. 2003;189 :S57.

[15] Prescrire ; 2010 ; 30(319) :352-353.

[16] Obstét. gynecol. may, 2005, 105 (5 pt1) 1128-35