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La Phlébite  ou thrombose veineuse profonde

La contraception hormonale estroprogestative et la phlébite

La pilule augmente le risque des phlébites[1]et ce risque n’est pas relié nécessairement à la durée de la prise de la contraception. Chez les jeunes filles, l’accroissement du risque peut apparaître 4 mois après sa prise.[2]

Le risque absolu  de phlébite,  chez la femme sans contraception estroprogestative, se situerait entre 15 et 25  évènements par pour 100.000 femmes par an, il est  multiplié par 6 si la femme est sous contraception hormonale.

  Selon l’étude du British Medicinal  Journal de 2009[3], les pilules de deuxième  génération, à base de lévonorgestrel  présenteraient  un risque relatif de 3,6  soit 36 cas pour 100.000 femmes, par an. Les pilules de troisième  génération à base de gestodène auraient un risque relatif[4] RR de 5,6 et celles à base de désogestrel un RR de 7,3 le risque absolu serait donc de 73  cas pour 100.000 femmes, par an. Le progestatif, cyprotérone acétate, prescrit pour l’acné, multiple par18 le risque de phlébite  par rapport aux femmes qui ne le prennent pas ![5]

La contraception oestroprogestative multiplie par 35  le risque de phlébite chez les femmes porteuses  de la mutation de Leiden[6]et par 86 les femmes qui ont les  mutations de Leiden et de la prothrombine,[7] Pour les femmes sous pilule porteuses de la mutation de Leiden, le risque absolu serait de 3 cas de phlébite pour 1.000 femmes par an ![8]

Il y a aussi un risque d'accident vasculaire cérébral (AVC), dont on ne parle que  rarement et qui est multiplié par 2 chez la femme sous contraception hormonale soit 5 AVC par an pour 10.000 femmes  et  qui est particulièrement augmenté chez la femme possédant la mutation génétique de la prothrombine [9],  la mutation de Leiden ![10]

Avec l'étude d'Ida Martinelli, publiée en 1998 par N Eng J Med,  il y a un haut risque de thrombose de la veine cérébrale chez les femmes porteuses de la mutation de la prothrombine et les femmes utilisatrices de la contraception orale.

Les contraceptifs estroprogestatifs, selon  un rapport de l’Agence nationale du médicament, entraîneraient, par an, plus de 2500 accidents thromboemboliques veineux, responsables de 20 décès prématurés. Cependant, selon le Pr. Jean François Bergmann, ancien président  de la commission des autorisations  de mise sur le marché des médicaments il y aurait une sous notification  très[11] importante des thromboses déclarées, il faudrait multiplier probablement  par 100 le nombre des  thromboses veineuses et des décès recensés,  dans la base des données de la pharmacovigilance du médicament. 

Un document  montre que dans un même CHU, sur 47 accidents cardio-vasculaires graves dont deux décès, potentiellement liés à la prise d'une pilule contraceptive, seuls 3 cas, dont aucun des décès, ont été déclarés aux autorités compétentes ! Survenus en l'espace de 14 ans, les 47 cas qui auraient dû faire l'objet d'un signalement (embolie pulmonaire, thrombose veineuse profonde ou accident vasculaire cérébral) ont été observés chez des femmes âgées de 15 à 25 ans et prenant des pilules de toute génération ainsi que Diane 35. Toutes ces femmes avaient été hospitalisées dans le CHU concerné entre 1998 et 2012.[12] 

Selon l'enquête du  Journal des femmes de février 2013, 56% des femmes sondées déclarent" ne pas avoir été informées des risques liés à la pilule au moment de la prescription."

Fin de l’année 2012, l’augmentation du risque  de thrombose veineuse profonde  dû principalement aux pilules de troisième génération a renouvelé un grand  débat dans notre société et le monde médical. Celui-ci se défendit en arguant que les études étaient entachées de biais.

Certains médecins ont prescrit des pilules de troisième  génération parce que selon eux celles-ci  seraient mieux tolérées par les femmes.Cependant, entre 2000 et 2004, une étude a comparé, par type de pilule contraceptive, la fréquence des symptômes rapportés (gain de poids, nausées, sensibilité des seins, la fréquence inférieure de périodes menstruelles, saignements, périodes douloureuses et lourdes, les jambes gonflées). Cette étude n'a trouvé aucune diminution  dans la déclaration des symptômes avec l'utilisation de la pilule  de 3° génération par rapport à la 2° génération.(Moreau obstetrics & gynecol Juin 2007 ,109, N°6,:1277-1285)

L'endocrinologue et professeur Jacques Young ne sait"comment expliquer la prescription massive, par les spécialistes, de médicaments plus coûteux, les pilules de 3ème et4ème génération, en l'absence de tout bénéfice médical démontré, alors que simultanément le risque d'accident thromboembolique était supérieur? Cette réalité n'a pas de fondement médical rationnel et suggère que les médecins spécialistes sont plus sensibles à la communication des services de marketing des laboratoires commercialisant ces pilules qu'aux messages de bonne pratique (...) médicale. La mise en condition de ces spécialistes a été majorée par le rôle d'un certain nombre de leaders d'opinion (...) qui dans le domaine de la contraception orale ont véhiculé toute une série d'opinions non démontrées et dont il est facile de suspecter qu'elles sont suscitées par des liens d'intérêt."(Louvain Médical 2014 133 (3) 126)

Pour en savoir plus,  sur la pilule de 3° génération.

 Soulignons qu’un médicament mieux toléré ne signifie pas pour autant qu’il soit sans danger, sans  effets secondaires toxiques, à court ou à long terme.[14]De plus, une pilule mieux tolérée conduit la femme à s’intoxiquer insidieusement et plus longtemps, ce qui n’est évidemment pas nécessairement un bienfait.

Selon la Food and Drug Administration("Clarinex Letter " 14 décembre 2006) le patch contraceptif EVRA, par rapport aux contraceptifs estroprogestatifs oraux courants,  expose à un risque de thrombose veineuse profonde  environ 2 fois plus élevé.(le risque relatif est estimé à 2,4) dû à des taux d'estrogènes  libérés nettement supérieurs comparés à ceux d'une pilule classique. Pour en savoir plus.

 

La contraception progestative et la phlébite

 Pour une certaine médecine, les progestatifs de synthèse ne sembleraient pas majorer le risque de thrombose veineuse profonde, mais cela ne serait  pas définitivement prouvé ![15]

Cependant, selon le dictionnaire Vidal de 1998, les progestatifs normodosés (Orgamétril, Primolut-Nor)  ont une contre- indication officielle, lors d’antécédents de phlébite, d’accident vasculaire cérébral. Pour les progestatifs minidosés, Vidal ne donne pas de contre- indication officielle.

La  firme pharmaceutique qui a mis sur le marché la spécialité Cérazette à base de Désogestel contre indique absolument,  sa spécialité après phlébite.

Le risque relatif de phlébite est  significativement multiplié par trois avec un progestatif de troisième  génération seul.[16]

Pour Barsoum, les résultats de son étude suggèrent une augmentation importante  du risque  de TVP[17]et pour Lidegaard,  il y a un risque relatif  non significatif de 2,95 de TVP lié  uniquement aux progestatifs.[18]

Il y a une augmentation du risque de phlébite  avec l’acétate de médroxyprogestérone.[19]

 De même Vasilakis estime un risque relatif  de  phlébite, dû à  la contraception d’urgence, de 5,3.[20]La contraception d’urgence « Norlévo » véritable  bombe hormonale, porteuse de tous les risques, est à base de 1,5 mg de lévonorgéstrel, un progestatif de synthèse.  En France et en Belgique, Les sujets jeunes peuvent obtenir étonnamment cette contraception sans ordonnance avec une dose énorme de 1.5 mg à prendre dans les 12 heures ! pourtant pour se procurer la spécialité Microlut à base aussi de Lévonorgestrel, la femme aura, à juste titre, besoin d’une prescription pour 'une dose de 0.03 mg par jour soit une dose 50 fois moindre !

Commentaire:La jeune femme prenant Norlevo est donc livrée à elle-même,  peut s’empoisonner en toute sérénité ne réalisant pas  toujours la toxicité de cette contraception.

Plusieurs pays ne l’admettent pas parce qu’ils pensent que la contraception d’urgence est abortive.[21]

Concernant la contraception d’urgence, le gynécologue au CHU de Tours, Philippe Anthonioz s’étonne car  « l’autorisation donnée par les pouvoir publics de vente libre en pharmacie (…) suppose de retirer ce produit de la liste des substances vénéneuses (…) il y a là une brèche dangereusement ouverte dans le contrôle de la santé publique. » [22]

Le risque de phlébite est augmenté chez les femmes sous contraception hormonale , affectées  de drépanocytose. (Austin Am J obstet Gynecol 2009, 200:620.  Naik Am J Med 2013; mai ,126 (5) 443-9.)